L'Avenir économique de Hoga

Hoga n'est plus une entreprise à but lucratif !

Voici une copie de la lettre que j'ai envoyée aux clients de Hoga pour expliquer le nouveau modèle économique que je souhaite expérimenter.


Chers partenaires, prospects, clients et anciens clients Hoga,

Permettez-moi de vous soumettre la nouvelle situation économique de Hoga.

Hoga ne fait plus partie de Crescendo depuis le 31 janvier 2020, c’est la structure qui me permettait de facturer mes services et d’en dégager un micro-salaire. La suite logique était de trouver un nouveau statut pour continuer l’aventure Hoga.

Ces derniers temps, j’ai beaucoup songé à quel avenir pour moi, mais aussi pour Hoga et Hogamail, c’est pour ça que je ne suis pas beaucoup sorti entre le 17 mars à midi et le 11 mai à minuit. J’ai retourné tous les éléments du pour ou contre, et si oui (ou non), pourquoi ? Au bout du compte, je me suis rendu compte qu’il était temps que je fasse un break, surtout de toute la partie promotion, démarchage et facturation. J’ai envie de continuer à fournir des services (courriel, Mastodon, installation de systèmes libres, conseils, NextCloud, etc), mais je n’ai plus envie de jouer l’adulte responsable qui rêve de payer l’ISF (encore un rêvé brisé par l’égalitarisme disruptif™). J’ai envie de tester un autre modèle économique.

C’est donc avec un grand plaisir, et je ne vous le cache pas, une légère appréhension, que je vous annonce que Hoga (en gros, moi) continuera à proposer ses services, mais, sans rémunération. Je souhaite juste « faire le truc », à ma façon, à mon rythme, avec mes valeurs, et sans être dirigé par la notion de profitabilité.

Je n’attends rien en retour du service fourni. Si vous avez envie et la possibilité, vous pouvez donner, des choses, de l’argent, proposer des services, à moi, ou à d’autres, surtout à d’autres. Ou pas. Mon objectif n’est pas d’être dans l’échange direct et comptabilisé, j’aimerais même éviter cela. Je ne ferais pas les choses en échange de quelque-chose, je les ferais car cela aura du sens. Je demande rien et je n’exige rien, si ce n’est le respect des services mis à disposition. Ce dont j’ai envie, c’est de faire ce que je peux, ce que j’aime, sans pression inutile et avec joie mais aussi, en conservant ma liberté.

Certains détails sont encore à mettre au point, et peut être que je vais me péter la tronche, mais, pour l’instant, j’ai la possibilité de mettre en pratique une envie politique profonde. Si j’ai besoin d’un revenu monétaire autre que le minimum social, il est fort probable que je le cherche dans un autre domaine.

Pour la petite histoire : J’ai passé 3 ans à faire tourner Hoga, 3 ans durant lesquels j’ai dépensé le plus gros de mes efforts à remplir l’outil de comptabilité (j’adore l’odeur de l’optimisation fiscale au matin), à compter chaque kilomètre parcouru, et à jouer à se convaincre, avec les accompagnateurs de la CAE, que mon projet d’entreprise était avant tout à but lucratif. Le tout en faisant des déclarations mensuelles chez Pôle Emploi et trimestrielles à la CAF, avec des complications sans fin. J’ai cumulé des micro-salaires et le RSA pour au bout du compte, gagner pratiquement la même chose que si je n’avais pas d’entreprise à gérer. Je vous épargne les détails, mais je pense que si j’avais embauché Kafka pour gérer mon administration, il m’aurait fait un procès.

Tout cela m’a au moins fatigué, et au passage, j’en ai presque oublié ce qui me plaît dans l’informatique libre.

Hoga n’est pas fini !

À bientôt,

Emmanuel Revah